Des liens serrés autour de mes poignets, liens de soie je crois, allongée sur mon lit j'ai les poignets attachés entre eux, puis attachés en l'air au dessus de ma tête à la tête de mon lit.
Mais qu'est ce que je fais là au milieu de ce jeu inconnu et absurde dans cette pièce familière. Lui est nu et moi habillée comme je peux l'être tous les jours, un jeans, un pull et mes baskets. J'entends son souffle, sens son parfum et le craquement de ses pas sur le sol.
Moi habillée et lui qui ose à peine me regarder, parcourir mes courbes du coin de l'oeil, effleurer mes seins d'un regard volé, mais que veut il ?
Affoler mes sens ? Alors c'est réussi, j'attends qu'il vienne effleurer mes hanches ou claquer mes fesses. Mais rien, sans mot dire, juste le mouvement de son corps dans la pièce et son ombre qui flirt avec moi, pas un baisé, pas un seul, même pas un baisé à peine. Voilà que j'envie qu'il m'embrasse à pleine bouche pour m'enivrer du goût de sa salive, pour mêler sa langue et la mienne, sa chaleur et ma fougue. Qu'est qu'il attend cet inconnu pour défaire mon pantalon avec des gestes doux, des mouvements calmes, le faire glisser sur mes chevilles et ainsi offrir à sa vue mes cuisses et la présence de mon sexe sous le tissu de mes dessous. S'il savait à quel point j'ai envie qu'il convoite du regard mon abîme de femme, qu'il y pose son souffle, y avance une main timide pour l'effleurer, une main féline pour me faire frémir, une main rageuse qui me fouille l'entre jambe mais lui semble vouloir poursuivre son ronde sans queue ni tête dans ma maison. Il quitte la pièce, je l'entends dans la cuisine, la porte du frigo qui claque, ses pas sur le carrelage, il revient et avec lui ce frisson du haut de mon sexe jusqu'à la pointe de mes pieds.
Je le sens, je le sais, je le vois, il est là face à moi, il a des yeux de braise, un corps d'athlètes, j'ai envie de passion, j'ai envie du feu, de fougue, de folie, je n'ai plus rien à perdre, ni la tendresse ni l'amour. Je perçois encore son odeur, parfum de son corps, sueur et cigarette chaude. Mon corps transpire, mes bras me tirent, j'ai des picotements dans mes pieds liés. Devine t il mon envie de corps à corps, de câlin, de sexe, de brûler le reste de ma vie dans ses bras, de plaisirs, de caresses, j'ai envie de lui.
Je ne sais pas s'il me comprend, je sais seulement que sa présence n'a pour effet que d'amplifier l'envie, le désir, le besoin de satisfaire une pulsion, envie de chaleur et d'humidité, de liens serrés plus fort, de va et vient violent, de souffles rauques, de soupires et de cris de volupté.
Et ensuite ? Ensuite je m'en fouts. Il a quitté la pièce, j'entends la pluie qui bat les volets et la télé qui crache ses programme, j'ai surtout envie de pisser. J'ai bien criée, j'ai bien pleurée et récoltée qu'une gifle son silence et son mépris. J'ai été illuminée un instant au contact rugueux de sa main sur ma joue, je me suis me à grelotter, sangloter, scintillant à l'intérieur de moi. Et il est parti.
Je ne sais pas combien ça fait que je me tortille en me retenant et soudain résigné la chaleur m'envie, elle coule collant à mes fesses le tissu mouillé, quel délicieux soulagement. Je m'endors.
Demi sommeil, j'entrouvre les yeux, présence massive de son dos, il a pesamment assis sur le bord du lit le torse nu. J'oublie que je macère dans urine, ça présence me balaie, tendue toute entière j'ai le c½ur qui bat à la renverse. Je laisse la pression monter, j'abandonne mon corps à la chaleur, à la sueur, ce corps qui suinte de tous mes pores. Il doit le sentir, le percevoir, le savoir, il attend encore pour que j'aie toujours plus envie de lui. Il sait c'est sur que j'ai envie qu'il écarte le tissu de mes dessous pour fouiller mon sexe de ses doigts, bien sur que j'ai envie d'avoir son sexe dans ma bouche et du bruit de ma bouche sur sa chaire, ça presse, seulement ses mains au lieu de glisser sur ma vulve, remonter lentement, doucement glisser sous mes voiles, la laine de mon pull, griffent mes hanches et mon nombrils percé de part en part par l'acier ne bougent pas. Non, ses mains ne bougent pas. J'en ai besoin sur mon ventre, mes seins et mes sens en fusion. Sentir sous ses doigts, la dentelle et le satin qui frottent ma poitrine. Sentir la morsure violente de l'empreinte de ses mains qui claquent sur la douceur de ma peau. Je veux qu'il m'embrasse, qu'il vienne me lécher, voler mon souffle j'ai envie de son goût, d'emprisonner ses lèvres et de les maquiller de rouge, de l'emprisonner entre mes dents, mordiller, lécher, japper, et peut être que si je miaule alors enfin il me regardera de nouveau.
Vas y je miaule, je miaule beau mâle alors libère mes poignets de leurs liens. Je laisse échapper ce petit cri, délicieux mélange d'envie et d'encore, de désir et de frustration. Je veux faire glisser la soie entre mes doigts. Attends beau mâle, n'attends rien, non rien n'est fini, rien n'est fait, le désir à fleur de peau la nuit ne peut cesser déjà. Abandonne toi à moi, la confiance et le plaisir laisse moi poser mon feu sur ta peau. Laisse moi me dévêtir. Seul mon désir m'habillera. Laisse mes mains se poser sur ton corps et sentir la chaleur et le sang qui afflux sous ta peau.
Sens tu mes frissons ? Mes soubresauts pour m'arracher de tes liens ? Et lis tu dans mes pensées ? Y vois tu mes mains sur ton corps tu es mon territoire, j'aventure et explore du bout des doigts ton visage, tes muscles, ton sexe. Je suis avide de te toucher, je suis avide de ton image. Je suis offrande et sacrifice, je suis pour toi maîtresse et amante.
J'ai envie de cette douceur bestiale, envie primale et corps à coeur, et coeur à corps, le plaisir et les cris, le corps et l'envie. L'envie qui me brûle sombre et douce dans mes yeux, je suis à toi, attachée sur le lit, les mots s'échappent de mes pensées. Vient me surprendre avec tes lèvres pour un baisé, vient prendre mes seins d'une caresse. Fait glisser ta langue pour goûter au grain de ma peau, son goût salé, le grain rosé de mes tétons, les effleurer, les titiller, sentir en eux monter le plaisir, se désir est pour toi, mon jules, mon amant, mon apollon. Tu es esclave de mes envies, fais glisser ta tête sur mon ventre plat, vient sentir, vient lécher et me saouler de cet instant, instant fragile avant que tout bascule, avant que je décide de te dévoiler mes chaires. Cruel supplice de ne pouvoir accéder plus vite au coeur cette intimité. Tu me dois obéissance, respect, mais je suis ton être de chimère. Je déclame dans l'air avec l'assurance de la femme des mots qui s'écrasent sur ton dos, pas un mouvement, pas un geste.
Je sais ce que tu veux, tu veux que je t'ouvre mes cuisses, tu m'entends ? Tu veux que mon corps impudique te dévoile mon intimité, tu me veux moi qui m'offre, tu veux mon sexe humide et offert. Alors tu l'aura mais tu n'y déposera rien d'autre que ta bouche. Tu y déposera un baisé, juste un pour que le goût de mon sexe sur tes lèvres te fasse brûler, je veux que tu me supplie. Alors peut être que sera offert à ta vue la vision intime de ma vulve, mon vagin, de mes recoins les plus intimes, de mes chaires humides et charnelles, rougie par le désir, ouverte par l'envie. Tu l'auras cet instant trop précieux pour toi, tu l'auras car tu n'es pas comme les autres, tu ne veux que me souiller sans avoir peur de briser le fragile équilibre de cet instant de grâce. Il te brûle les lèvres mon goût, je ne veux plus te sentir sur moi, ni la rugosité de ta peau, ni la moiteur maladroite de ta langue. Je veux le souffle de tes soupires, je veux pour toi le supplice de la frustration, je veux tes mains ligotées et ton corps suspendu comme un pantin, je veux tes pleurs, tes suppliques. Veux tu goûter à la caresse de mes griffures ? Veux tu sentir la morsure de mes canines dans ta chaires ? Je veux la tiédeur et la couleur de ton sang sur mes lèvres, sur ma peau et sur le sol. Je veux entendre ton coeur s'emballer terrassé par la peur. Tu sens la froideur de mes ongles sur ton sexe ? Tu devine se qu'il adviendrais si l'emprise de ma main sur ta virilité devenais plus forte ? Bordel tu comprends ? Tu ne seras plus rien entre mes mains. Vas y libère moi !
Il se lève, se retourne, il tient un des couteaux de ma cuisine dans la main. D'un geste bref il tranche les liens qui retenaient mes poignés. Je peux a peine bouger, tous mes muscles sont tétanisés. J'entends ses pas s'éloigner, la serrure de la porte qui grince, la porte qui s'ouvre, qui claque, non ... Ne part pas ! J'arrive à peine à me recroqueviller, je pleure.